Document Type

Article

Publication Date

5-2017

Abstract

"Le gouvernement brésilien a engagé, il y a quelques années, une ambitieuse campagne de lutte contre l’exploitation de travailleurs dans une condition « analogue » à celle d’esclave. Cette politique répondait à des campagnes de protestation réitérées et à des pressions internationales, mais elle se formula en référence à une histoire nationale dont l’esclavage était inséparable. Les révélations de la Commission pastorale de la terre, les plaintes déposées auprès de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, les actions de nombreux organismes gouvernementaux ou non-gouvernementaux ont certainement été déterminantes dans les choix qui ont alors été faits. Toutefois, tout au long du processus législatif, juridique et politique qui a conduit aux décisions successives, les acteurs concernés ont été parfaitement conscients du fait que la longue histoire de l’organisation du travail et de l’appropriation de la terre au Brésil n’était pas étrangère à la résurgence contemporaine de situations de contrainte extrême. Le dossier consacré à l’esclavage contemporain que publie la revue Brésil(s). Sciences humaines et sociales dans son numéro 11 rassemble des contributions qui éclairent ce phénomène en attirant plus particulièrement l’attention sur les dimensions juridiques des campagnes menées pour l’éradiquer. Elles ont été conduites grâce au code du travail et à un code pénal qui, dès les années 1940, faisait une place à ce phénomène criminel. Elles ont été reformulées dans le contexte des soubresauts politiques successifs d’une république fédérative fragilisée par son histoire comme par sa géographie et qui, de plus, a traversé durant ces mêmes années une longue dictature militaire (1964-1985)."

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Brésil(s) est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International. This article published under a CC-BY-NC-ND license. Originally published in Brésils at https://doi.org/10.4000/bresils.2250

DOI

https://doi.org/10.4000/bresils.2250


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